25 Juin 2018

"Actions de la zone euro toujours, mais avec plus de sélectivité"

MACRO & MARCHÉS | Les Informelles, 12 juin 2018

 

Par Jean-Charles Mériaux, Directeur de la gestion
et François Collet, Gérant obligataire
 
  • La croissance globale n’est plus synchrone
  • Solide à court terme aux Etats-Unis, elle ralentit dans la zone euro
  • Prudence toujours sur les marchés obligataires
  • Cap sur les actions de la zone euro, mais avec prudence

Source : DNCA Finance

Une croissance américaine solide à court terme

Le momentum de croissance reste assez dynamique aux États-Unis. Après la phase de reprise tirée par la consommation de 2012 à 2017, l’ISM (1) manufacturier confirme la reprise de l’investissement comme moteur de la croissance américaine. En progression de 7,2 % au 1er trimestre, il devrait continuer à faire sentir ses effets sur la productivité dans les prochains trimestres.

Source : Bloomberg. Le dernier point de donnée correspond à mai 2018 pour l'ISM et avril 2018 pour les commandes.

La croissance américaine est solide à court terme mais comporte des risques à moyen terme. L’accélération au premier semestre 2018 est principalement liée à la réforme fiscale américaine. Son effet stimulant se fera surtout sentir jusqu’en 2019. Au-delà, la question de son financement sera un réel défi pour l’économie.  

Source : OCDE, Deutsche Bank.

L’inflation, qui devrait dépasser les 3 % cet été aux Etats-Unis incite la Réserve Fédérale Américaine (FED) à une politique monétaire plus restrictive. Avec un endettement de l’ensemble des acteurs qui s’élève 250 % du PIB, contre 225 % avant la crise financière, l’économie américaine est désormais plus sensible à des variations de taux d’intérêt.

Source : Bloomberg. La période de prévision s'étend du T2 2018 au T4 2019.

Un ralentissement modéré à court terme dans la zone euro…

La croissance nous apparaît un peu plus durable en Europe, où le cycle est moins avancé. L’indicateur PMI (2) d’activité des entreprises est revenu à 55 (3), en ligne avec un rythme de croissance de 2% sans doute en partie du fait de l’appréciation de l’euro tout au long de l’année 2017.

…qui ne remet pas en cause le caractère durable de la croissance.

Après une croissance très forte l’année dernière, le pic a été atteint à 2,8 % fin 2017 dans la zone euro. Autour de 2 % en tendance, elle vient se rapprocher de son potentiel. Le fort taux d’utilisation des capacités laisse anticiper une reprise de l’investissement des entreprises. La politique monétaire de la Banque Centrale Européenne (BCE), qui reste toujours accommodante, rend les conditions de financement exceptionnelles. 

Source : Bloomberg

L’incertitude politique italienne est un premier point de vigilance car elle peut peser sur le moral des chefs d’entreprise et la distribution du crédit. La hausse prix du pétrole, second point de vigilance, pouvant coûter 0,3 à 0,4 % de croissance à l’économie européenne. Enfin la poursuite de l’appréciation de l’euro contre les devises de ses principaux partenaires commerciaux constitue le troisième point de vigilance.

Les risques s’accumulent sur les pays émergents. Le resserrement monétaire engagé par dix-sept Banques Centrales des pays émergents pour contenir la baisse de leurs devises pèse sur la croissance depuis le début de l’année.

Source : DNCA Finance

Prudence toujours sur les marchés obligataires

Prudence, toujours, sur les marchés obligataires qui se traduit par une duration (4) courte et la réduction des positions de crédit dans les portefeuilles, particulièrement sur le segment du high yield (5).

Nous conservons une exposition forte sur les obligations indexées sur l’inflation. La liquidité nous permet de profiter des opportunités, en particulier sur les taux en Espagne et au Portugal.

Maintenir le cap sur les actions de la zone euro, mais avec prudence

Il faut maintenir un cap. Les périodes de volatilité des marchés offrent les meilleures occasions d’investissement. Même si le momentum économique est un peu négatif, il n’est  pas confirmé par une détérioration des tendances bénéficiaires. Le rythme de croissance bénéficiaire est d’une ampleur inédite, de 20 %, aux États-Unis. Il est de 8 % dans la zone euro, et devrait être identique l’année prochaine.

Avec des marchés qui sont stagnants, voire en baisse pour certains pays, les PER(6) sont revenus à 16 sur les marchés américains, contre près de 18 en début d’année. Les valeurs européennes se paient 14 fois les résultats pour les 12 prochains moins.

En France, le projet de réforme de l’impôt sur les sociétés sera un élément majeur qui n’est pas pris en compte par les marchés, focalisés sur le court terme. Les secteurs délaissés, tels que l’automobile, le pétrole, l’électricité ou les telecom, avec une rentabilité de 4 ou 5 fois l’Ebitda (7), offrent des opportunités d’investissement.

Il y a de la valeur dans la value

Dans le segment, value, très en retard en termes de valorisation par rapport aux autres classes d’actifs actions, il y a des histoires d’entreprises très rentables, qui génèrent des cash flow (8). Cap sur les grandes valeurs défensives françaises et de la zone euro, avec plus de sélectivité.

Texte achevé de rédiger le 15 juin 2018.
Source : DNCA Finance.

Cliquez sur l'image pour revoir l'intervention en vidéo. 

(1) ISM manufacturier : indice d’activité composite publié par l’Institute for Supply Management réalisé à partir d’une enquête auprès de directeurs d'achats américains.
(2) PMI : Purchasing Managers Index, indicateur d’activité réalisé à partir d’une enquête auprès de directeurs d'achats américains
(3) vs 60 en début d’année.
(4) La duration mesure le pourcentage de variation d’une obligation pour chaque mouvement de taux d’intérêt. Elle correspond à la période à l'issue de laquelle sa rentabilité n'est pas affectée par les variations de taux d'intérêt.
(5) Haut rendement, de nature spéculative, dont la notation est inférieure à BBB- chez Standard & Poor's ou Baa3 chez Moody's.
(6) Price earning ratios, rapport cours-bénéfice net
(7) Earnings before interest, taxes, depreciation and amortization. Excédent brut d’exploitation (EBE).
(8) Flux de trésorerie. Il indique la capacité d’autofinancement.
  Par Jean-Charles Mériaux, Directeur de la gestion et François Collet, Gérant obligataire   La croissance globale n’est plus synchrone Solide à court terme aux Etats-Unis, elle ralentit dans la zone euro Prudence toujours sur les marchés obligataires Cap sur les actions de la zone euro, mais avec prudence Source : DNCA Finance Une...
2018-06-25