October 12, 2016

"Les gouvernements doivent prendre le relais des banques centrales car les agents économiques, ménages comme entreprises, redoutent de plus en plus l’incertitude politique"

Management comment

Par Igor de Maack,
Gérant et porte-parole de la Gestion
 
Retrouvez notre sentiment sur les perspectives macroéconomiques de la zone euro et notre stratégie d'investissement par Igor de Maack.

La peur d’une dislocation de l’Europe, et surtout de la zone euro, constitue le réflexe le plus fréquent chez les investisseurs non résidents depuis le Brexit. Sans relance du projet européen, ce sentiment perdurera et entamera la confiance des consommateurs et des entreprises domestiques qui choisiront plutôt de thésauriser leur épargne et leur trésorerie plutôt que de dépenser ou d’investir. Le premier obstacle à franchir se trouve en Italie où les électeurs sont appelés à voter en novembre pour un changement institutionnel qui doit mettre fin au bicaméralisme et à l’instabilité chronique du système politique transalpin. Ce référendum doit être tenu au moment même où les régulateurs, l’Etat et les banques tentent d’échafauder un plan de sauvetage pour nettoyer le système bancaire des provisions pour créances douteuses et l’abonder en fonds propres.

La reprise de la zone euro n’a pas encore vacillé. La croissance américaine, certes moins éblouissante, s’avère toujours robuste tout comme l’emploi. Les pays émergents (Brésil et Russie) ont bénéficié de l’accalmie des prix des matières premières.

Enfin, la Chine ne s’effondre toujours pas malgré une véritable problématique d’endettement. La cartographie de la croissance mondiale offre une image toujours aussi contrastée mais moins catastrophique qu’anticipé en début d’année. Les attentats et les risques migratoires n’ont pas entraîné de chute massive de la consommation en Europe sauf peut-être pour le secteur du tourisme en France cet été. Les effets du Brexit sont encore difficiles à estimer d’autant que l’agenda de cette sortie de l’Union Européenne fluctue au gré des déclarations britanniques. Le taux de chômage baisse en zone euro et il est toujours très bas aux Etats-Unis. Les indices d’inflation s’avèrent toujours faméliques par rapport aux objectifs des banquiers centraux et à leur historique. Les prévisionnistes estiment que la croissance mondiale devrait se maintenir autour de 3% pour l’année 2017.

La politique monétaire américaine est de plus en plus intenable et la prochaine hausse des taux se rapproche. Le dollar pourrait d’ailleurs se renforcer à moyen terme. La BCE, elle aussi, va être confrontée au dilemme de remontée des taux si l’inflation devait se redresser. 

Les marchés scrutent notamment les statistiques de l’emploi américain pour déceler les indices qui déclencheraient les prochaines hausses de taux. En Europe, l’échéance du programme quantitatif de la BCE (mars 2017) est remise en cause en raison de l’efficacité relative de ces mesures sur l’investissement privé. Les difficultés de la Fed à sortir d’une politique monétaire permissive et trop accommodante serviront de leçon aux équipes de Mario Draghi. Par ailleurs, la BCE doit jongler entre son rôle de banquier central et d’intégrateur de la zone euro. La gouvernance de la zone euro est aussi plus complexe que celle de la zone dollar. Il ne faut donc pas raisonner de façon homothétique entre les deux politiques monétaires. Néanmoins, une divergence trop longue et trop forte entre les deux politiques monétaires créerait des effets de distorsion et des effets d’aubaine sur les marchés financiers internationaux.

L’économie mondiale s’est certes stabilisée mais les échéances politiques (Italie, Etats-Unis puis France et Allemagne) contamineront les marchés.

Ils pourraient sonner le retour d’une volatilité évanescente pendant l’été. Si ces obstacles sont correctement franchis, les actions européennes pourraient rattraper une partie de leur retard de performance. En effet, jusqu’à présent, les publications semestrielles des entreprises sont rassurantes. La situation dans certains pays émergents militerait pour remettre ces thématiques au sein des portefeuilles avec une grande sélectivité. Aux Etats-Unis, la remontée possible des taux et les niveaux historiques des marchés actions, incitent à la prudence.  Les investissements obligataires à maturité longue deviennent des placements à risque aux Etats-Unis comme en Europe. Les actions européennes souffrent d’une décote politique qu’il est toujours difficile de quantifier. Pourtant, l’investisseur peut trouver dans les marchés actions de la zone euro en étant sélectif, des croissances de bénéfices, des opérations de fusions & acquisitions ou des dividendes confortables.

Texte achevé de rédiger le 5 septembre  par Igor de Maack, Gérant et Porte-parole de la Gestion.

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Par Igor de Maack, Gérant et porte-parole de la Gestion   Retrouvez notre sentiment sur les perspectives macroéconomiques de la zone euro et notre stratégie d'investissement par Igor de Maack. La peur d’une dislocation de l’Europe, et surtout de la zone euro, constitue le réflexe le plus...
2016-10-12